Face à une vulnérabilité croissante liée aux changements climatiques, à l’insécurité alimentaire et à une forte dépendance aux importations céréalières, le Tchad s’oriente vers de nouvelles stratégies pour renforcer sa résilience. Parmi elles, le développement de la culture du blé se dessine comme une option prometteuse, intégrée au Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRSA-TD), soutenu par la Banque mondiale et l’Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement.
Traditionnellement centré sur le mil, le sorgho et le maïs, le paysage agricole tchadien évolue aujourd’hui face à de nouveaux défis. La récente crise du blé provoquée par la guerre en Ukraine a mis en lumière la dépendance des pays sahéliens vis-à-vis des importations. Pourtant, certaines régions du Tchad, notamment les zones sahéliennes et saharo-sahéliennes comme la Province du Lac ou le Guéra, disposent d’un potentiel agro-climatique favorable à la culture du blé, en saison sèche, grâce à l’irrigation et à l’adoption de variétés adaptées et résistantes.
L’introduction du blé dans les systèmes agricoles locaux pourrait jouer un rôle clé dans la diversification des cultures, en contribuant à améliorer les revenus des producteurs, à favoriser l’accès à une alimentation plus équilibrée et à stimuler l’emploi dans les filières de transformation. En réduisant les importations, cette dynamique permettrait également de stabiliser les prix et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
Le PRSA-TD constitue un levier essentiel pour appuyer cette transition, en soutenant la recherche agronomique, en renforçant les capacités des producteurs, en facilitant l’accès à l’irrigation et en promouvant le développement de marchés plus inclusifs.
